Dans notre monde moderne, nous avons une conception très matérialiste de la liberté. Pour la majorité, être libre signifie ne pas être incarcéré, avoir de l’argent sur son compte en banque, pouvoir voyager ou bénéficier de droits politiques.
Pourtant, dans sa conférence majeure intitulée « Libre ou esclave », Neville Goddard vient pulvériser cette illusion avec une brutalité salvatrice. Selon lui, l’immense majorité des êtres humains qui se croient libres sont, en réalité, les esclaves les plus pitoyables qui soient.
L’esclavage dont parle Neville n’a rien à voir avec les chaînes physiques. Il s’agit d’un esclavage psychologique, spirituel et neurologique. Pour comprendre de quoi nous sommes esclaves, il faut d’abord comprendre la mécanique de la création telle que l’enseigne Neville : le monde extérieur n’est rien d’autre que le reflet de notre état de conscience intérieur.
L’esclavage des « évidences » et des circonstances
L’esclave est celui qui réagit au monde extérieur. Il lit les journaux et a peur. Il écoute le bulletin médical et se déclare malade. Il regarde son compte bancaire et se sent pauvre. Il observe le comportement de son patron ou de son conjoint et se met en colère ou se sent rejeté. L’esclave est totalement dépendant des sens physiques. Il prend l’effet (le monde visible) pour la cause.
Neville utilise souvent la métaphore de la roue de la fortune. L’esclave est accroché au bord de cette roue. Parfois, la roue le monte vers le haut (il connaît le succès, l’amour, la joie), et il se croit libre. Mais inévitablement, la roue redescend, et il est précipité dans l’échec, la tristesse ou la maladie.
L’esclave n’a aucun contrôle sur les mouvements de la roue car il ne sait pas qu’il est lui-même le moteur de cette roue. Il est ballotté par les caprices du destin, ce qu’il appelle faussement « la chance » ou « la malchance ».
L’ignorance de sa propre identité
Pourquoi l’homme devient-il esclave ? Par ignorance de qui il est vraiment. L’esclave s’identifie à son masque : son corps, son rôle social, son passé, ses échecs. Il croit qu’il est « Jean, l’employé de bureau malchanceux » ou « Marie, la femme abandonnée ». Tant qu’il s’identifie à un état limité par le passé ou par la physique, il est prisonnier de cet état. Il est esclave de sa propre définition de lui-même.
La tragédie de l’esclave, c’est qu’il utilise sa divinité (son imagination) pour se maintenir en esclavage. En accordant plus de réalité à ce que ses yeux voient qu’à ce que son imagination lui murmure, il scelle sa propre prison.
La définition de la véritable Liberté
Si l’esclavage est la réaction au monde extérieur, la liberté, selon Neville Goddard, est l’aptitude à se déplacer d’un état de conscience à un autre à volonté.
L’homme libre n’est pas celui qui possède une belle maison ou un titre de noblesse ; c’est celui qui, même s’il se trouve dans une cellule physique ou dans la misère, sait que son monde extérieur actuel n’est qu’une vieille photographie de son ancien état de conscience. L’homme libre est celui qui refuse de réagir aux apparences.
L’homme libre est le centre de la roue, pas le bord. Il ne bouge pas physiquement, mais son monde tourne autour de lui selon ses décrets. S’il veut être riche, aimé ou en bonne santé, il ne demande pas au monde extérieur de changer (ce qui serait la démarche d’un esclave suppliant son maître). Non, l’homme libre se retire silencieusement dans son propre monde intérieur.
Il imagine, avec une intensité et un sentiment vivants, qu’il est déjà ce qu’il désire être. Il s’endort dans cet état. En faisant cela, il quitte l’état « pauvreté » pour entrer dans l’état « richesse ». Il vient de changer de dimension. Il a exercé son droit de naissance divin.
Le passage de l’un à l’autre
Comment cesser d’être un esclave pour devenir libre ? La réponse de Neville est radicale : par la discipline de l’imagination. Il faut arrêter de justifier son état actuel. L’esclave dira : « Mais regarde les statistiques, regarde comment le monde va ! ». L’homme libre répondra : « Je ne nie pas ce que les yeux voient, mais je sais que ce que je vois n’est que le reflet de ce que j’ai été. Je suis désormais un homme nouveau ».
La liberté exige une mort psychologique. Il faut mourir à l’ancien concept de soi. Chaque fois que vous êtes tenté de réagir négativement à une situation, c’est votre instinct d’esclave qui resurgit. Chaque fois que vous choisissez consciemment de fermer les yeux, d’imaginer la résolution pacifique et joyeuse de votre problème, et de ressentir la réalité de cette imagination, vous brisez une chaîne.
En conclusion, la conférence « Libre ou esclave » de Neville Goddard est un électrochoc. Elle nous rappelle que la liberté ultime ne se manifesterait jamais par une révolution politique ou sociale, mais par une révolution intime.
Vous êtes soit l’esclave de vos sens et de vos circonstances, soit le maître absolu de votre destinée. Le choix ne dépend pas du monde, il dépend uniquement de l’état dans lequel vous choisissez de demeurer.