Voici une version structurée en chapitres de la célèbre conférence de Neville Goddard prononcée le 20 décembre 1969 « Le Secret de la Causalité »
Chapitre I
L’Illusion des Causes Extérieures
Ce soir, je souhaite vous révéler le secret de la causalité. C’est un secret que le monde refuse de voir, car le monde est aveuglé par les apparences. Si vous observez les journaux, écoutez les informations ou regardez le monde qui vous entoure, tout semble être le résultat de causes extérieures. On vous dit que l’économie est la cause de votre pauvreté, que les politiciens sont la cause de vos problèmes, que votre hérédité, votre environnement, ou même les planètes sont responsables de ce que vous vivez. Mais je vous le dis ce soir avec la plus grande fermeté : rien de tout cela n’est vrai.
L’homme ordinaire marche à reculons dans la vie. Il regarde l’effet et, à partir de cet effet, il invente une cause rationnelle. Mais la vraie cause ne se trouve jamais dans le monde extérieur. Le monde extérieur n’est qu’un vaste tableau, un écran sur lequel se projettent les images de votre monde intérieur. Ne commettez jamais l’erreur de croire que les choses arrivent pour des raisons qui vous sont étrangères.
Lorsque vous comprenez le véritable secret de la causalité, vous cessez d’être une victime. Vous arrêtez de plaider, de supplier, de justifier ou de blâmer. Vous réalisez que chaque événement de votre vie, sans la moindre exception, a pour origine un état de conscience que vous avez habité, consciemment ou inconsciemment. Le monde matériel est mort ; il n’a aucune initiative propre. Il est un territoire de mort, qui ne fait qu’enregistrer fidèlement ce que la vie, à l’intérieur de vous, a décrété.
Si vous êtes malade, ne cherchez pas le germe extérieur. Si vous êtes pauvre, ne cherchez pas la conjoncture économique. Si vous êtes seul, ne blâmez pas la société. Retournez en vous-même. C’est là, et seulement là, que réside la cause première. La causalité véritable est entièrement spirituelle, ou plus précisément, psychologique. Et tant que vous ne l’aurez pas saisie, vous errerez dans le labyrinthe des apparences, condamné à réagir à un monde que vous croyez extérieur, alors que vous en êtes l’unique créateur.
Chapitre II
La Véritable Première Cause
Quelle est donc cette cause première ? Le poète et prophète William Blake l’a dit de manière on ne peut plus claire : « L’Homme est tout Imagination. Dieu est Homme et existe en nous et nous en lui. » L’Imagination, voilà la cause première de toute manifestation. Non pas une imagination vaine ou puérile qui se perd dans les chimères, mais l’Imagination divine, cette puissance créatrice qui est l’essence même de votre être.
La plupart des gens prient un Dieu extérieur. Ils s’adressent à une idole, à un concept philosophique ou à une entité lointaine assise sur un trône. Mais le Dieu dont je vous parle ce soir est votre propre Être merveilleux (I AM, JE SUIS), votre propre conscience. Dieu n’est pas un être que vous pouvez voir avec vos yeux physiques, car « personne n’a jamais vu Dieu à aucun moment ». Dieu est la cause inconnue qui se manifeste à travers tous les phénomènes de la vie.
Quand vous concevez un désir dans votre cœur, cette conception est Dieu lui-même qui s’éveille en vous. Le désir que vous ressentez n’est pas vôtre ; il est Dieu qui cherche à se manifester à travers vous. Si vous désirez la liberté, c’est Dieu qui veut être libre. Si vous désirez la santé, c’est Dieu qui veut être en bonne santé. Si vous désirez une nouvelle position sociale, un compagnon, ou une maison, c’est l’Infini qui pousse à l’intérieur de votre finitude pour s’exprimer.
Le secret de la causalité réside dans ceci : le moment où vous acceptez ce désir comme une réalité présente, dans votre imagination, vous avez posé l’acte causal. Vous êtes devenu la cause première de ce qui va inévitablement se produire dans le monde des effets. Les hommes de science cherchent la cause première dans l’atome, dans l’énergie, dans les forces physiques de l’univers. Mais ils ne la trouveront jamais avec un microscope ou un télescope. La cause première est spirituelle, et elle opère uniquement à travers la conscience humaine.
Chapitre III
Le Mécanisme de l’Assomption
Comment cette cause première opère-t-elle ? Elle opère par l’assomption. Une assomption est un état de conscience que l’on accepte comme vrai, malgré les preuves contraires des sens physiques. La prière, dans son sens le plus élevé et le plus efficace, n’est pas une demande adressée à une puissance extérieure. La prière est « l’art d’accepter ce qui est refusé par les sens ».
Si je désire quelque chose et que je commence à prier pour l’obtenir, je témoigne par là même que je ne l’ai pas. Demander, c’est affirmer le manque. C’est pourquoi j’ai souvent répété : « Ne priez pas pour être ce que vous voulez, mais assumez que vous l’êtes déjà. » Le mécanisme de la causalité exige que vous entriez dans l’état psychologique qui serait le vôtre si votre désir était déjà réalisé.
Cela implique de modifier votre attention. Là où se pose votre attention, là se fixe votre énergie créatrice. Si votre attention est fixée sur le problème, sur la dette, sur la maladie, vous nourrissez ces états et vous leur donnez une vitalité renouvelée. Le secret est de détourner votre attention de ce qui est, pour la tourner vers ce qui devrait être. Vous devez fermer les yeux du corps et ouvrir les yeux de l’esprit. Vous devez vous détacher du monde extérieur, entrer dans un état que j’appelle l’État Akinétique (un état de calme absolu, proche du sommeil), et là, dans le silence de votre propre âme, construire la scène qui implique l’accomplissement de votre désir.
Non seulement vous devez voir cette scène mentalement, mais vous devez y entrer. Vous devez l’habiter. Vous devez ressentir la réalité de cette scène au point que vos sens intérieurs soient totalement trompés. Si vous imaginez tenir la main d’une personne, vous devez sentir la texture de sa peau, la chaleur de sa main. Si vous imaginez être dans une nouvelle maison, vous devez sentir le sol sous vos pieds, respirer l’odeur de l’air, entendre les bruits de cette maison. C’est cette impression sensorielle, cette « réalité » intérieure, qui est le véritable acte créateur.
Chapitre IV
Le Témoignage du Manteau de Fourrure
Pour rendre ce principe tangible, laissez-moi vous raconter une histoire qui illustre parfaitement ce secret de la causalité. Une femme vint me voir un jour, désespérée. Elle habitait Los Angeles et désirait plus que tout au monde un manteau de fourrure d’une valeur de cinq mille dollars. C’était une somme astronomique pour elle. Son mari gagnait très peu d’argent, et elle n’avait aucune perspective de recevoir une telle somme. Aux yeux du monde, obtenir ce manteau était une impossibilité absolue.
Je ne lui ai pas dit de prier pour avoir un manteau. Je ne lui ai pas dit d’économiser ni d’espérer. Je lui ai dit : « Mademoiselle, le secret de la causalité est entre vos mains ce soir. Rentrez chez vous, asseyez-vous dans un fauteuil, fermez les yeux, et construisez une scène qui impliquerait que vous possédez déjà ce manteau. »
Elle me demanda ce qu’elle devait imaginer. Je lui suggérai de s’imaginer chez elle, ouvrant son placard, et voyant ce manteau de fourrure suspendu à un cintre. Je lui dis de se le mettre sur les épaules, de sentir son poids luxueux, de caresser la fourrure, et surtout, d’entendre la voix de son mari exprimer sa satisfaction ou sa surprise. Je lui ai recommandé de choisir une phrase courte, une phrase qui rassemblerait toute la réalité de son désir, comme par exemple : « N’est-ce pas merveilleux d’avoir ce manteau ? » ou simplement « Il est magnifique, n’est-ce pas ? ».
Elle a suivi ces instructions avec une ferveur immense. Chaque nuit, avant de s’endormir, elle vivait cette scène. Elle ne dormait pas avant d’avoir ressenti, avec une intensité presque douloureuse, la réalité physique de ce manteau sur ses épaules et la joie de le posséder. Elle est restée fidèle à cet état psychologique. Elle n’a pas laissé les factures, le manque d’argent de son mari ou le doute s’infiltrer dans son esprit. Elle a persisté dans l’assomption.
Quelques semaines plus tard, son mari reçut une promotion inattendue au travail, accompagnée d’une prime exceptionnelle. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Il décida de lui offrir une surprise et l’emmena dans une boutique de luxe. Devant ses yeux ébahis, il lui acheta exactement le manteau de fourrure qu’elle avait imaginé, d’une valeur de cinq mille dollars. Quand elle me raconta l’histoire, elle me dit avec des larmes de gratitude : « Neville, quand il a sorti sa carte de crédit pour payer, c’était exactement la scène que je vivais dans ma tête depuis des semaines. »
Où était la cause de cet événement ? Dans l’économie ? Dans la chance ? Dans la générosité soudaine du mari ? Non. La cause première résidait dans l’état de conscience de cette femme. En assumant qu’elle avait le manteau, elle a imposé cet état à la substance malléable de l’univers, forçant le monde extérieur à se réorganiser pour refléter son assomption intérieure. Voilà le secret de la causalité.
Chapitre V
La Révision du Passé et l’Histoire de l’Homme Congédié
Le passé, aux yeux de l’homme ordinaire, est fixe, immuable, gravé dans le marbre. Mais dans le royaume de l’Imagination, il n’y a ni passé ni futur. Tout est un éternel présent. Si vous pouvez causer un événement futur en modifiant votre conscience présente, vous pouvez tout aussi bien « causer » une modification de votre passé, car le passé n’est qu’une empreinte dans votre mémoire, et la mémoire est soumise à l’Imagination.
Je me souviens d’un homme qui vint me voir dans un état de détresse absolue. Il venait d’être congédié de son emploi de manière humiliante. Son patron l’avait traité d’incompétent devant tous ses collègues. Cet homme se sentait détruit. Il me dit : « Neville, ma réputation est ruinée. Comment puis-je retrouver un travail maintenant ? Tout le monde sait que j’ai été viré. »
Je lui ai dit : « Le secret de la causalité ne s’arrête pas à la porte du temps. Vous avez nourri un état de peur, d’insécurité ou de conflit, et c’est cet état qui a produit votre licenciement. Si vous changez d’état, les effets doivent changer, peu importe ce qui s’est passé hier soir. »
Je lui demandai de se relaxer et de réécrire cette scène mentalement. Je lui dis : « Fermez les yeux. Revivez cet événement au bureau, mais cette fois, voyez votre patron vous sourire. Entendez-le vous dire avec chaleur : « Nous avons été un peu durs avec vous ces derniers temps, mais nous réalisons votre valeur. Nous voulons que vous restiez, et nous allons même augmenter votre salaire ». Sentez la poignée de main de ce patron, sentez le soulagement envahir votre poitrine. »
L’homme a objecté : « Mais c’est un mensonge ! Cela ne s’est pas passé comme ça ! »
Je lui répondis : « Le monde extérieur n’est qu’un mensonge collectif basé sur les apparences. La seule vérité, c’est l’état dans lequel vous êtes actuellement. Si vous habitez l’état de l’échec, l’échec devient votre vérité. Si vous habitez l’état du succès et de la réhabilitation, c’est cela qui devient la vérité, et le monde extérieur n’aura d’autre choix que de s’y conformer. »
Il appliqua la technique de révision avec persévérance. Pendant trois jours, il vécut intensément cette scène de réconciliation. Le troisième jour, son téléphone sonna. C’était son patron. La voix de l’homme avait totalement changé. Il lui dit : « Je n’ai pas dormi depuis notre dispute. J’ai réexaminé vos dossiers et je me suis rendu compte que nous vous avons fait un tort injuste. Si vous acceptez de revenir, non seulement nous rétablissons votre poste, mais nous vous offrons une augmentation substantielle. »
La causalité a agi à rebours dans le temps tel que nous le concevons. En modifiant l’empreinte psychologique du passé dans son esprit, l’homme a modifié les circonstances physiques dans le présent. L’univers obéit à l’état de conscience le plus profondément ancré, indépendamment de la logique linéaire du temps.
Chapitre VI
La Preuve Psychiatrique : Le Fou qui se Croyait Mort
Pour ceux qui douteraient encore du pouvoir absolu de l’assomption, je vous offre une preuve qui ne vient pas de la métaphysique, mais de la psychiatrie classique. C’est une histoire bien connue dans les milieux médicaux, et elle démontre de manière implacable que l’homme est ce qu’il assume être.
Il y a de cela quelques années, un homme fut interné dans un asile psychiatrique. Il était absolument, totalement et fermement convaincu d’être mort. Pas malade, pas mourant, mais bel et bien mort. Les médecins ont tout essayé pour le raisonner. Ils lui montraient son pouls, ils lui faisaient sentir son propre souffle sur un miroir, ils le piquaient avec des aiguilles pour lui prouver qu’il ressentait la douleur. Rien n’y faisait. Il disait : « Les morts peuvent avoir des réflexes, les morts peuvent saigner. Cela ne prouve pas que je suis vivant. Je suis mort. »
Un jour, un médecin extrêmement astucieux eut une idée brillante. Il demanda au malade : « Dites-moi, mon ami, est-ce que les morts saignent ? »
Le malade réfléchit un instant et répondit : « Non, bien sûr que non. La circulation s’arrête après la mort. Les morts ne saignent pas. »
Le médecin sortit alors une épingle de son revers, piqua le doigt du malade, et une goutte de sang perla à la surface. Il montra le doigt au malade en disant : « Que voyez-vous là ? »
Le malade regarda la goutte de sang, pâlit violemment, et s’écria : « Grand Dieu ! Les morts saignent donc ! »
Soyez attentifs à la leçon de cette histoire. Pourquoi cet homme n’a-t-il pas dit : « Je saigne, donc je suis vivant » ? Parce que son assomption première était qu’il était mort. Face à une preuve physique irréfutable, son esprit a préféré modifier la loi de la biologie et de la nature plutôt que de renoncer à son assomption.
Si une fausse assomption, celle d’être mort, possède un tel pouvoir qu’elle peut forcer un homme à nier la réalité physique la plus évidente et à croire que les morts saignent, imaginez, mes amis, imaginez le pouvoir d’une vraie assomption ! Si vous assumez que vous êtes riche, en bonne santé, aimé, respecté, le monde extérieur sera forcé de se transformer, de tordre ses propres lois de probabilité, pour faire saigner vos désirs dans la matière. La nature elle-même obéit à l’assomption de l’homme.
Chapitre VII
« Je Suis » – Le Point de Départ de Tout
Pour maîtriser le secret de la causalité, vous devez comprendre le mystère des deux petits mots les plus puissants de la langue : « Je Suis ». Dans l’Ancien Testament, quand Moïse demanda à Dieu Son nom, Dieu répondit : « JE SUIS CELUI QUE JE SUIS ». Dieu ne s’est pas appelé « Je serai » ou « J’étais ». Il a déclaré « Je Suis ». C’est la présence éternelle.
Chaque fois que vous prononcez les mots « Je suis », vous invoquez Dieu en vous. Mais attention à ce que vous attachez à ce nom divin. Si vous dites « Je suis malade », vous liez la présence infinie de Dieu à la maladie. Si vous dites « Je suis pauvre », vous condamnez le Créateur de l’univers à être pauvre en vous. Si vous dites « Je suis incompétent », vous reniez votre nature divine.
L’homme moyen utilise « Je suis » avec une légèreté terrifiante. Il l’utilise pour décrire des états passagers et négatifs, sans comprendre qu’il scelle ainsi son destin. Le secret de la causalité exige une discipline stricte du verbe et de la pensée. Vous devez cesser d’identifier votre « Je Suis » à quoi que ce soit de désagréable, de limité ou de mortel. Le « Je Suis » ne doit être attaché qu’à l’idéal que vous désirez incarner.
Ne dites pas : « Je serai guéri demain », car le lendemain n’arrive jamais. Dites : « Je suis guéri maintenant, dans mon monde intérieur. » Ne dites pas : « Je vais devenir riche un jour. » Dites : « Je suis riche, car la richesse de Dieu est mienne en ce moment même. » Le temps est une illusion qui retarde la manifestation. En vivant dans le futur, vous repoussez sans cesse votre désir. En vous affirmant dans le présent, vous arrêtez le temps et vous activez la cause première.
Votre imagination est le véritable « Je Suis ». C’est la seule chose qui réponde présent à chaque fois que vous dites « Je ». Essayez de vous imaginer sans imagination : c’est impossible. L’imagination, c’est Dieu. C’est la seule réalité. Tout le reste n’est qu’un rêve, une ombre qui passe.
Chapitre VIII
La Loi de la Réversibilité et la Sagesse du Silence
L’une des lois les plus fascinantes qui découlent du secret de la causalité est ce que j’appelle la loi de la réversibilité. En science physique, si la chaleur peut produire l’électricité, alors l’électricité peut produire la chaleur. Les réactions chimiques sont souvent réversibles. La psychologie obéit à la même loi. Si un état de conscience objectif, comme la colère, produit des changements physiques mesurables (rougeur du visage, accélération du rythme cardiaque, tension musculaire), alors la reproduction artificielle de ces symptômes physiques doit nécessairement produire l’état de conscience de colère.
C’est la base de l’État Akinétique. Quand vous voulez manifester quelque chose, vous ne luttez pas mentalement. Vous ne vous crispez pas. Vous reproduisez artificiellement, par l’imagination sensorielle, les sensations physiques que vous auriez si votre désir était réalisé. En ressentant le soulagement, la joie, la détente musculaire de l’accomplissement, vous agissez à rebours. Vous partez de l’effet (le sentiment de la chose obtenue) pour remonter à la cause (l’état de conscience). Et une fois cet état atteint, la manifestation physique dans le monde extérieur est inévitable. C’est une loi mathématique, infaillible.
Cependant, il y a un précepte fondamental que vous devez observer si vous souhaitez utiliser ce secret avec succès : le silence. Jésus nous a averti : « Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. »
Que signifie fermer la porte ? Cela signifie fermer la porte de votre esprit à toute distraction, à tout doute, et surtout, à toute personne qui ne partage pas votre vision. Ne partagez pas vos désirs avec des sceptiques. Ne cherchez pas à convaincre votre famille ou vos amis de la véracité de votre imagination. Si vous le faites, vous dissipez l’énergie de votre assomption. Les opinions des autres, leurs rires, leurs conseils « pratiques » sont autant de vents contraires qui éteignent la flamme de votre création.
Votre chambre secrète, c’est votre propre conscience. C’est le lieu le plus saint de l’univers. Ce qui se passe entre vous et votre imagination reste entre vous et Dieu. Personne d’autre n’a besoin de savoir comment vous avez créé votre réalité. Le monde verra les résultats, mais il ne connaîtra jamais le processus. Et c’est ainsi que cela doit être. Gardez votre silence, protégez votre état mental comme vous protégerez votre propre vie, et la récompense vous sera assurée de manière ouverte et publique.
Chapitre IX
Ne Demandez Jamais « Comment ? »
L’un des plus grands obstacles à l’application du secret de la causalité est l’intellect humain, qui ne cesse de demander « Comment ? ». L’homme veut connaître le moyen, la méthode logique, les étapes intermédiaires qui mèneront de son état actuel à son désir. Mais le « comment » est l’affaire de Dieu, pas la vôtre.
Dieu, qui est votre propre Imagination, possède une infinité de voies pour accomplir votre désir, des voies que votre esprit limité ne pourrait même pas concevoir. Si vous vous obstinez à imaginer une manière spécifique dont les choses doivent se produire, vous restreignez l’Infini. Vous fermez toutes les autres portes par lesquelles votre désir pourrait entrer.
Je l’ai vu tant de fois. Des hommes et des femmes ont vu leur désir se réaliser de manières totalement inattendues, par des canaux qu’ils n’avaient jamais envisagés. Un homme désire ardemment voyager en Europe. Il imagine qu’il est là-bas, qu’il marche dans les rues de Paris. Il ne sait pas comment il y arrivera, il ne s’en soucie pas. Trois mois plus tard, un parent éloigné décède et lui laisse un héritage inespéré avec une clause stipulant qu’il doit voyager. Ou bien son employeur décide soudainement d’ouvrir une succursale à Londres et lui demande d’y diriger l’équipe. Les moyens sont infinis.
Votre seule tâche est de définir le « QUOI », le but final. Quel est l’état que vous voulez habiter ? Définissez-le clairement, revivez-le sensoriellement, puis lâchez prise. Relâchez complètement le « comment ». Si vous essayez de forcer les circonstances extérieures à s’aligner, vous introduisez l’anxiété, et l’anxiété est le signe que vous ne croyez pas réellement en votre propre assomption. La foi véritable est calme. La certitude est silencieuse. Assumez l’état du souhait accompli, et dormez paisiblement avec cette certitude. Le pont entre votre assomption et sa réalisation matérielle sera construit par l’Infini lui-même.
Chapitre X
Vivre Désormais en Connaissance de Cause
Ce soir, vous avez entendu le secret de la causalité. Il n’est pas nouveau. Il est aussi vieux que l’homme lui-même. Il a été enseigné sous des voiles symboliques par tous les grands prophètes, tous les mystiques et tous les illuminateurs de l’histoire de l’humanité. Mais ce soir, il vous a été présenté dans sa nudité, dépouillé de tout dogme et de tout rituel inutile. L’Imagination crée la réalité. Vous êtes l’Imagination. Par conséquent, vous êtes le créateur de votre réalité.
À partir de demain matin, lorsque vous ouvrirez les yeux, ne dites pas : « Voyons ce que le monde me réserve aujourd’hui. » Dites plutôt : « Quel monde vais-je projeter aujourd’hui ? » Vous ne devez plus être le pointeur de cirque réagissant au fouet des circonstances. Vous devez devenir le directeur de cirque. Vous devez marcher dans ce monde avec la dignité silencieuse d’un homme qui sait qu’il est Dieu.
Si des problèmes surviennent, ne les combattez pas extérieurement. Rappelez-vous qu’ils ne sont que les ombres de vos propres états passés. Retournez immédiatement à l’intérieur, modifiez votre assomption, et regardez l’ombre se dissiper d’elle-même. Vous ne combattez pas les ténèbres ; vous allumez une lumière. Et la lumière, c’est votre nouvelle assomption.
Ne maudissez jamais personne pour ce qui vous arrive. Pardonnez au monde entier, car le monde est innocent. Il n’a fait que refléter votre propre visage. Si le visage que vous lui avez montré était laid, il vous a renvoyé la laideur. Si c’était un visage de paix, il vous a renvoyé la paix. Le monde extérieur est le plus parfait, le plus impartial et le plus obéissant des miroirs.
Prenez l’habitude de vivre dans la fin. Ne vous souciez pas des apparences présentes. Ce qui est vu est temporel, mais ce qui est non vu (votre imagination active) est éternel. Si vous vous tenez fidèlement dans l’état invisible de votre désir réalisé, cet état éternel finira inévitablement par dévorer le monde temporel et visible. La chose invisible deviendra visible. Le mystère deviendra fait.
Sachez ceci : la causalité ne peut pas échouer. Tout comme une graine de pommier plantée dans le sol ne peut pas produire des poires, une assomption implantée dans la substance de l’Imagination ne peut pas produire autre chose que son exacte correspondance physique. C’est une loi impitoyable, mais c’est aussi la loi la plus miséricordieuse qui soit, car elle vous rend totalement libre.
Je vous laisse donc ce soir avec cette immense responsabilité et ce pouvoir illimité. Assumez la grandeur. Assumez la joie. Assumez l’amour. Assumez la santé. Assumez la richesse spirituelle et matérielle. Car au jour final, quand le voile de la chair sera tombé, vous ne serez pas jugé sur ce que le monde a fait de vous, mais sur ce que vous avez osé assumé que vous étiez. Vous êtes le secret de la causalité. Vous êtes Dieu Lui-même. Que Dieu vous bénisse.
Neville Goddard
Conférence de Neville Goddard – 20 décembre 1969
Version révisée et chapitrée par F. de Saintonge